Au delà des limites du mental

À travers le monde, j’aime beaucoup faire l’ascension des montagnes. Cela représente un défi, une réalisation concrète d’un effort soutenu, une satisfaction instantanée rendu au sommet et une immense fierté d’avoir surmonté plusieurs défis personnels et limites du mental. D’avoir su régulariser sa respiration avec son effort pour arriver en haut avec la capacité de pouvoir pleinement apprécier le moment présent.

J’aime découvrir ce que le sommet me réserve. Quelle est la vue que j’aurai? C’est toujours une surprise et c’est ce qui me motive à poursuivre mon chemin. C’est ma récompense.

L’ascension d’une montagne représente aussi un cheminement spirituel. Selon les conditions qui s’offre à nous, nous sommes confrontés à notre propre personne. Nos peines, nos regrets, nos peurs remontent. Parfois, ce sont les douleurs physiques qui nous assaillent. Ce sont durant ces moments où nous avons le choix de nous arrêter aux limites du mental ou si nous allons au-delà.

Lors de mon ascension du volcan Kawah Ijen sur l’Île de Java en Indonésie, j’ai traversé par plusieurs étapes physiques et émotionnelles. C’était une montée nocturne. Nous partions à 1 heure du matin pour gravir ce volcan durant approximativement 3 heures. Au sommet, nous devions redescendre vers le cratère durant environ 45 minutes. Pourquoi la nuit? Pour assister à la spectaculaire flamme bleue de gaz naturel du plus gros volcan de souffre à ciel ouvert. Le spectacle est saisissant de beauté et il en valait réellement l’effort.

Donc, je suis en chemin vers le sommet. La température est très fraîche. Environ 4 degrés celsius. Le terrain est extrêmement accidenté et nous avons qu’une simple lampe-torche pour nous éclairer. Intuitivement, j’ai pris un guide qui connaissait très bien la route et ce fut réellement apprécié. À mi-chemin, le souffle me coupe. Je ressens un brûlement dans mes poumons et respirer devient difficile. Je lève mes yeux au ciel étoilé et je tente de me calmer. Le guide inquiet s’approche de moi et me propose de retourner en arrière. Je lui demande de continuer. Il hésite. Ma copine réussit à le convaincre que tout ira mieux. Ils poursuivent leur chemin. Le froid commence à me transpercer le corps humide de l’effort donné. Il y a si longtemps que cela ne m’était pas arrivé que je n’ai pas traîné mes pompes d’asthme avec moi. Lorsque mon mental s’emballe, je décide de m’arrêter sur un rocher. Je regarde les étoiles et je ferme ensuite les yeux. Je me concentre sur ma respiration et je médite. Instantanément, je suis en Inde lors de mon premier cour de Yoga et je revois ma professeure me dire comment bien respirer. Je souris et je fais mes exercices de respirations. Doucement, la pression sur la poitrine s’apaise. Le brûlement s’adoucit. Je sens mon corps de réchauffer. Je me relève et je poursuis à mon rythme jusqu’au sommet m’arrêtant pour respirer au besoin. Je rejoins finalement mon guide et ma compagne. Lorsque j’arrive près de la flamme bleue, dans l’odeur suffocante de souffre, je réalise que j’ai concrétisé un rêve de voyage en plus d’avoir su dépasser la limite mentale.

L’asthme a toujours été pour moi, un défi de me surpasser. Je ne suis jamais limité à faire des sports extrêmes ou des entraînement intensifs. À travers le monde, j’ai gravi plusieurs hauts-sommets dont le Tibet dans le coeur de l’Himalaya, Huayna Picchu,  Étrangement, je n’ai jamais souffert du mal aigu des montagnes. Je me suis toujours amusé de dire que de respirer quotidiennement avec 30% de mes poumons faisait que je ne remarquais pas lorsqu’il y a moins d’oxygène dehors.

Lorsque j’étais jeune, on m’avait dit, suite à un accident, que je ne pourrais jamais plus faire de sport. Qu’avec l’asthme, je serais limité. Je me refusais de m’arrêter à ce que les autres pensaient et de me fier à ce que je me sentais capable de faire. Ma détermination et ma persévérance m’ont conduit au meilleur de ma capacité et de ma personne. J’ai été cherché des alternatives pour m’aider à surpasser mes limites personnelles comme le yoga, le qi-gong, le taï chi. Les limites sont souvent au niveau du mental. C’est lui qui nous limite, qui nous empêche souvent. On se conditionne à nos conditions comme pour nous donner les excuses de ne pas le faire. N’oubliez jamais que notre seul limite est nous-même. Globe Trottier


  • Amélie

    Mais quelle photo époustoufflante!!! Wow!
    Je suis en train de relire ton livre Sadhana du coeur et puis, ce texte, est tout à fait complémentaire avec le passage où je suis rendue et tombe juste à point. Merci pour tes articles inspirants 🙂

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  • Christine

    Très belle photo et quel dépassement !!!

    Merci de nous démontrer que tout est possible si l’on veut.

    Articles intéressants et stimulants !!!!

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